Retour sur le dernier midi-conférence: Sous les Pavés, les Fleurs;Un portrait de l’agriculture urbaine en France

Le 11 février dernier, dans le cadre des midi-conférences organisées par le CRAPAUD, Marie-Ève Chaume et Anne-Marie Legault, deux étudiantes à la maitrise en environnement à l’UQAM ont dressé un portrait sur l’agriculture urbaine à Paris et dans la grande région de Lyon en France, pays où la tradition du jardinage est depuis longtemps très populaire.
En comparaison à Montréal qui est reconnue comme une métropole potagère depuis plusieurs années, où plus de 15000 citadins exercent le jardinage communautaire et collectif (Duchemin et al.,2009), le jardinage urbain collectif à Paris et à Lyon est arrivé plus récemment.
L’organisation des jardins partagés a effectivement abouti à Paris dans les années 2000. Étant la principale forme de jardins municipaux collectifs à Paris, les jardins partagés ont été créés afin de répondre principalement à deux objectifs : augmenter la biodiversité en milieu urbain et développer le lien social.
Défini comme un «…espace de nature géré par une association de riverains motivés, qui décident ensembles et avec le soutien de la Ville de créer un jardin, divisé en parcelles, où chacun peut à sa guise semer, planter ce que bon lui plaît. », les jardins partagés de Paris sont aussi un lieu propice à l’éducation relative à l’environnement et de développement socio-communautaire.
Que ce soit sous la forme de jardin au pied d’immeuble, de jardin collectif d’habitants, de jardin d’insertion sociale, de jardin nomade ou de jardin adapté, tous les jardiniers membres de la grande famille des jardins partagés doivent respecter une entente sociale définie par l’organisation Main Verte. En signant la charte de la Main Verte, les jardiniers urbains s’engagent à respecter une série de consignes notamment de permettre la libre-circulation au public lors de leur présence aux jardins. L’idée est donc de créer un lieu où les citoyens peuvent échanger et apprendre à vivre dans la collectivité.
Lyon est une ville de 2 millions d’habitants, ayant presque la même taille que Montréal et est soumise aux mêmes problèmes que Paris : pollution, îlot de chaleur, manque de biodiversité. Depuis quelques années, le Grand Lyon a intégré le jardinage dans son programme politique public, surtout en milieu urbain, pour encourager les programmes de développement de jardins partagés en ville. Cette politique s’appelle « Jardinons le Grand Lyon » et est née en 1999.
Le financement des jardins ne se fait pas directement par la ville. La ville finance plutôt le démarrage et l’accompagnement de nouveaux projets via divers regroupements du réseau de support Jardins dans Tout Ses États et peut investir jusqu’à 40% des infrastructures investis par les communes comme par exemple : la préparation de l’espace cultivable, le transport de l’eau, etc. L’accompagnent des projets de jardins a Lyon est donc un modèle plus décentralisé qu’à Paris. Par ailleurs, comme à Paris, la politique « Jardinons le Grand Lyon » a aussi adopté une charte décrivant les grands principes directeurs et les valeurs que les jardiniers doivent respecter.
Pour conclure, Marie-Ève et Anne-Marie nous résument que tant à Paris qu’à Lyon, les villes se sont vraiment engagées dans la promotion de l’agriculture urbaine. En créant des événements incitant la population à visiter les jardins et en ouvrant la porte de ceux-ci en tout temps et à tous, par exemple, ces espaces publiques se retrouvent à être réappropriées par la population. Le jardin urbain est aussi vu comme un moyen multidimensionnel de réunir développement durable, préservation de la biodiversité, éducation, loisir et santé.
Mathieu Simard
Le Toits Verts – faisabilité à l’UQAM

Le 23 février dernier, Odette Béliveau, directrice de l’entretien des composantes architecturales a invité le cadre de techniciens de l’UQÀM à une conférence sur « le Toit vert et sa faisabilité à l’UQAM », présenté par Antoine Trottier du CRAPAUD.
Antoine Trottier était le rédacteur d’une étude sur l’implantation des toits verts en milieu institutionnel. Son ouvrage offre de l’information sur les dernières percées technologiques en matière de toits verts, les résultats et les conclusions des plus récentes publications, des visites des plus récents projets de nature institutionnelle au Québec et aussi une revue des politiques d’implantation de toits verts à travers le monde.
En 2008 le GRIP-UQÀM a réussi à mettre en contact plusieurs partenariats : le Centre d’Écologie urbaine de Montréal qui était représenté par l’architecte paysagiste Owen Rose (très reconnue dans le domaine des toits verts) et le Service des immeubles et de l’équipement d’UQÀM, entre autres. Selon Odette Béliveau, après l’adoption de la politique environnementale d’UQÀM en 2004, l’université a effectivement adopté des projets de compostage et maintenant commence à essayer de pousser des projets de toits verts.
Antoine a présenté le concept de toit vert, les avantages de son utilisation et à la fin, il a montré, étape par étape, comment installer un toit vert. Fondamentalement, les toits verts consistent en une toiture végétale qui pousse sur les toits. Les toits verts ce n’est pas vraiment quelque chose de nouveau, c’est une chose qui existe plus longtemps, ça remonte aux jardins suspendus de Babylone !
Les jardins suspendus sont la première source d’inspiration, la seconde se trouve dans les pays Scandinaves. À l’époque des Vikings, par exemple, l’objectif principal était de permettre l’isolation et l’imperméabilisation des habitations. L’origine du toit vert moderne se trouve dans l’Allemagne de la fin du XIXème siècle, ou ils se rendirent compte qu’après avoir installé des éléments du sol et du gravier sur les toits des grands immeubles, ceux-ci devenaient plus protégés contre les incendies.
La recherche a maintenant augmenté beaucoup depuis les années 70, quand quelques écologistes ont suggéré que les toits verts pouvaient être faciles et légers à installer. Quand on parle de toit vert à UQÀM, on parle généralement de la forme extensive. La culture extensive exige moins d’entretien et est plus facile à concevoir. Il faut planter des espèces qui ne coûtent pas cher et qui s’adoptent bien à conditions extrêmes.
Quelle est la pertinence d’installer de la toiture végétale ? Elle est esthétiquement belle et crée des espaces supplémentaires, un avantage pour le propriétaire et pour la communauté. Elle forme aussi un type de membrane de protection qui peut doubler la durée de la toiture d’un édifice. Au niveau environnemental on obtient aussi la création d’oasis pour les oiseaux et les insectes, la diminution des l’îlots de chaleur et l’augmentation de la captation de l’eau de pluie en ville.
Pour finir, une autre chose intéressante qu’il est possible de développer avec les toits verts est l’agriculture urbaine. À partir des expériences du CRAPAUD, on démontre que c’est possible transformer les toits gris du centre-ville en espaces verts et productifs !
José Medeiros
