7 avril 2010
Nous sommes Mathieu Simard et José Medeiros, deux éco-stagiaires ayant été affiliés au GRIP-UQAM via l’organisme Katimavik.
Le programme Éco-stage est géré par Katimavik Services Jeunesse, une entité de Katimavik-OPCAN, le principal programme de service volontaire canadien pour la jeunesse depuis 30 ans. Éco-stage est offert aux jeunes adultes de 18 à 30 ans qui possèdent minimalement un diplôme d’études collégiales et dont les études et les expériences peuvent êtres mises à profit dans des projets environnementaux. Pour plus d’information sur le programme : www.ecostage.qc.ca
Ayant des backgrounds très différents (biologie et architecture), nous avons pu mettre à profil nos connaissances, expériences et amour pour l’agriculture urbaine au travers différents petits projets d’hiver au CRAPAUD.
À travers nos différents mandats donc, nous avons mis en place un guide horticole pédagogique sur ce site, un répertoire des initiatives en agriculture urbaine dans les CÉGEPs et Universités du Québec, participer à un projet de recherche sur les terreaux écologique, construit une meuble roulant pour croissance de semis et une maquette du campus.
Bref, c’est l’fun!
Retour sur le dernier midi-conférence: Sous les Pavés, les Fleurs;Un portrait de l’agriculture urbaine en France

Le 11 février dernier, dans le cadre des midi-conférences organisées par le CRAPAUD, Marie-Ève Chaume et Anne-Marie Legault, deux étudiantes à la maitrise en environnement à l’UQAM ont dressé un portrait sur l’agriculture urbaine à Paris et dans la grande région de Lyon en France, pays où la tradition du jardinage est depuis longtemps très populaire.
En comparaison à Montréal qui est reconnue comme une métropole potagère depuis plusieurs années, où plus de 15000 citadins exercent le jardinage communautaire et collectif (Duchemin et al.,2009), le jardinage urbain collectif à Paris et à Lyon est arrivé plus récemment.
L’organisation des jardins partagés a effectivement abouti à Paris dans les années 2000. Étant la principale forme de jardins municipaux collectifs à Paris, les jardins partagés ont été créés afin de répondre principalement à deux objectifs : augmenter la biodiversité en milieu urbain et développer le lien social.
Défini comme un «…espace de nature géré par une association de riverains motivés, qui décident ensembles et avec le soutien de la Ville de créer un jardin, divisé en parcelles, où chacun peut à sa guise semer, planter ce que bon lui plaît. », les jardins partagés de Paris sont aussi un lieu propice à l’éducation relative à l’environnement et de développement socio-communautaire.
Que ce soit sous la forme de jardin au pied d’immeuble, de jardin collectif d’habitants, de jardin d’insertion sociale, de jardin nomade ou de jardin adapté, tous les jardiniers membres de la grande famille des jardins partagés doivent respecter une entente sociale définie par l’organisation Main Verte. En signant la charte de la Main Verte, les jardiniers urbains s’engagent à respecter une série de consignes notamment de permettre la libre-circulation au public lors de leur présence aux jardins. L’idée est donc de créer un lieu où les citoyens peuvent échanger et apprendre à vivre dans la collectivité.
Lyon est une ville de 2 millions d’habitants, ayant presque la même taille que Montréal et est soumise aux mêmes problèmes que Paris : pollution, îlot de chaleur, manque de biodiversité. Depuis quelques années, le Grand Lyon a intégré le jardinage dans son programme politique public, surtout en milieu urbain, pour encourager les programmes de développement de jardins partagés en ville. Cette politique s’appelle « Jardinons le Grand Lyon » et est née en 1999.
Le financement des jardins ne se fait pas directement par la ville. La ville finance plutôt le démarrage et l’accompagnement de nouveaux projets via divers regroupements du réseau de support Jardins dans Tout Ses États et peut investir jusqu’à 40% des infrastructures investis par les communes comme par exemple : la préparation de l’espace cultivable, le transport de l’eau, etc. L’accompagnent des projets de jardins a Lyon est donc un modèle plus décentralisé qu’à Paris. Par ailleurs, comme à Paris, la politique « Jardinons le Grand Lyon » a aussi adopté une charte décrivant les grands principes directeurs et les valeurs que les jardiniers doivent respecter.
Pour conclure, Marie-Ève et Anne-Marie nous résument que tant à Paris qu’à Lyon, les villes se sont vraiment engagées dans la promotion de l’agriculture urbaine. En créant des événements incitant la population à visiter les jardins et en ouvrant la porte de ceux-ci en tout temps et à tous, par exemple, ces espaces publiques se retrouvent à être réappropriées par la population. Le jardin urbain est aussi vu comme un moyen multidimensionnel de réunir développement durable, préservation de la biodiversité, éducation, loisir et santé.
Mathieu Simard
Le Toits Verts – faisabilité à l’UQAM

Le 23 février dernier, Odette Béliveau, directrice de l’entretien des composantes architecturales a invité le cadre des techniciens de l’UQAM à une conférence sur « le Toit Vert et sa faisabilité à l’UQAM », présentée par Antoine Trottier, GRIP-UQAM.
Antoine Trotier est le rédacteur d’une étude sur l’implantation des toits verts en milieu institutionnel. Son ouvrage offre des informations sur les dernières percées technologiques en matière de toits verts, les résultats et les conclusions des plus récentes publications, des visites des plus récents projets de nature institutionnelle au Québec, ainsi qu’un passage en revue des politiques d’implantation de toits verts à travers le monde. Dans cette conférence, il a aussi présenté en avant-première la vidéo du jardin écologique urbain du campus Ouest par le CRAPAUD !
En 2008 le Grip-UQAM a réussi à mettre en contact plusieurs partenaires : le Centre d’Écologie urbaine de Montréal, représenté pour l’architecte paysagiste Owen Rose (très reconnu dans le domaine des toits verts) et le Service immeubles et équipements de l’UQAM, entre autres.
Selon Odette Béliveau, après l’adoption de la politique environnementale de l’UQAN en 2004, cette université a effectivement adopté des projets de compostage et commence maintenant à essayer de mettre en place des projets de toits verts. Le service équipements et immeubles a mis en œuvre différents types de partenariats utiles avec des étudiants afin de mettre en commun leur expertises sur les toitures. « Tout le temps que je regarde les toits gris de ma fenêtre je me pose des questions sur les potentiels des toits verts », a dit Odette.
Antoine a présenté le concept du toit vert, ses avantages et son utilisation pour, finalement, montrer, étape par étape, comment monter un toit vert. Fondamentalement le toit vert est une toiture végétale, avec une couche végétale qui varie sur le toit. Toutefois, le toit vert n’est pas vraiment quelque chose de nouveau, c’est une chose qui existe depuis longtemps, depuis les jardins suspendus de Babylonie !
Les jardins suspendus en sont la première source d’inspiration, la seconde se trouve dans les pays Scandinaves. À l’époque des vikings, par exemple, ces toits avaient pour objectif principal d’isoler et d’imperméabiliser les habitations. L’origine moderne du toit vert se trouve dans l’Allemagne de la fin du XIXe siècle. Les allemands se sont rendus compte qu’après avoir installé un sol et du gravier sur les toits des grands immeubles ceux-ci étaient plus protégés contre les incendies.
De nos jours, la recherche s’est beaucoup développée, surtout après les années 70, quand quelques écologistes ont suggéré que les toits verts pouvaient être faciles et légers à installer. Antoine a ajouté qu’aujourd’hui, des guides d’installation des toits verts sont proposés de façon adéquate.
Lorsque nous parlons de toit vert à l’UQAM, il s’agit généralement de structure extensive. La culture extensive consiste généralement en une toiture installée pour une fonction écologique, qui demande moins d’entretien et est plus facile à concevoir. Il faut planter des espèces très résistantes qui ne coûtent pas cher, des espèces rustiques qui s’adaptent bien à des conditions extrêmes.
Mais quelle est la pertinence de la toiture végétale ? Elle est esthétiquement belle et crée des espaces supplémentaires, ce qui est un avantage pour le propriétaire et la communauté. Elle forme aussi une type de membrane protectrice qui peut doubler, voire tripler la durée de vie de la toiture. Et quand nous parlons d’environnement, il s’agit aussi de mettre en place des ilots très intéressants pour les oiseaux et les insectes, de diminuer les points de chaleur et d’augmenter la captation de l’eau de pluie en ville.
Pour finir, le toit vert permet de développer de façon intéressante le concept d’agriculture urbaine. A partir des expériences du groupe CRAPAUD, il est possible de transformer les toits gris des centres-villes en espaces verts et productifs !
José Medeiros
Atelier du CRAPAUD sur les semis

Le 8 mars dernier, à l’Université du Québec à Montréal, Antoine Trottier et Frédérique Binette, membres du CRAPAUD, ont présenté un atelier d’éducation populaire sur la préparation de semis en prévision de la saison qui approche ! Ils ont d’abord fait la distinction entre les semis intérieurs et extérieurs ; les premiers, très courants au Québec, sont réalisés avec les plants à croissance plus lentes (par exemple, les tomates et les courges) et les deuxièmes, directement dans le sol, après tout risque de gel. Ils ont également abordé les concepts de compagnonnage et ils nous ont donné des petits trucs pratiques pour faire pousser des semis en santé.
Les produits que l’on retrouve dans nos épiceries sont principalement issus de l’agriculture industrielle. La sélection des cultivars trouvés sur nos tablettes est le plus souvent basée sur des critères « logistique » ou « technique », tels que la résistance du légume à la récolte mécanique et au transport sur de longues distances, que sur des critères de saveur et de goûts. Dans cette perspective, pratiquer l’agriculture chez soi, en bac ou au sol, présente l’avantage de faire pousser des produits qui sont plus rares, plus savoureux ou plus nutritifs que ceux que l’on peut trouver ordinairement. En ville, l’espace est évidement un facteur à considérer : on privilégie le plus souvent des espèces productives telles que le poivron, l’oignon, l’aubergine, la tomate, les fines herbes, etc.
Il y a beaucoup de notions à acquérir pour bien jardiner, mais ne désespérez pas ! Pour aider les novices de nombreux recueils de vulgarisation existent sur le sujet et des calendriers des semis sont également facilement accessibles pour planifier la préparation des semis. Certains abordent même des concepts de la « biodynamie » mettant en relief l’influence de la lune sur la croissance et le développement des végétaux !
L’âge des semences est également un facteur à considérer en jardinage ; plus une semence est veille, moins elle a de chance de bien germer. Pour optimiser la conservation des semences, mieux vaut les garder dans un endroit sec et sombre. Certains vont même jusqu’à les garder au congélateur dans lequel elles peuvent se conserver pendant plus de 20 ans ! Or, petit truc pratico-pratique : pour éviter la condensation des semences, laisser dégeler le contenant complètement avant de l’ouvrir.
Portez également une attention particulière à votre fournisseur de semences. Plus souvent qu’autrement, les semences retrouvées dans les épiceries et pharmacie sont de mauvaise qualité ! Aussi, si l’on prévoit faire de l’agriculture biologique, mieux vaut privilégier les semences qui sont aussi biologiques ; elles ont été sélectionnées pour être naturellement résistantes aux parasites et ont donc moins besoins de pesticides et d’herbicides pour croitre que les semences issues de l’agriculture industrielle. Dans la même optique, il est préférable d’avoir recours aux semences locales, adaptées à notre climat et à nos écosystèmes.
Finalement, l’atelier s’est terminé par une démonstration pratique. Les participants ont pu mettre les mains à la « terre » et rapporté chez eux un petit plant à faire germer !
Les animateurs ont également souligné que, dans le cadre du volet de recherche du CRAPAUD, l’équipe testera la croissance et le développement des plants suivant différentes compositions de terreaux dans le but d’évaluer l’efficacité des mélanges ordinairement vendus dans les centres jardiniers. Une recherche documentaire visera également à évaluer l’empreinte environnementale de ses différentes composantes : tourbe de sphaigne, perlite, vermiculite, chaux, etc. À suivre !
José Medeiros
